Jeudi 21 février 2008 à 17:37




Onzeh30. Je ferme les yeux, je me plonge dans le noir. C'est parallèle au néant, à rien. C'est le repos, le visage vide de Morphée, de la paix. Tout cela pour dilater mes pupilles d'un soleil qui coulera sur ma langue, dans mon gosier, dans mon corps tout entier.
Je m'évade à la fenêtre, je sens la brise sur ma peau.
Je prends mon être par les cheveux et je le pend aux cieux.
Je regarde tout le monde, je balaye la lassitude.
Tout est neuf. La nouveauté du bout des doigts éclate.
Tous les coups, l'on me frappe et je ris à gorge déployée.
J'entre dans ce nouveau monde.
Je rencontre. Je me réjouis.

De tout.
Bientôt midi, affalée sur les mots qui ne renoncent jamais à courir dans la page vierge, forêt à carreaux.
Espace d'air. J'y entre, j'y sors. Espace enfer. Je le brise, m'en défoule. M'en "défolle". Me rend dingue.
Attraper le feu, brûler son visage, des cendres des yeux sur les bateaux. Ils sont sur le fleuve, avancent dans l'eau. Serait-ce donc des larmes d'essences et d'explosion?
Perche les éclats de dents ...dedans nos âmes. C'est que je souris. Je suis lumineuse. Eclairs dans mes yeux. Tous ces meurtres de vies.
Et le temps passe. L'air et l'espace s'assemblent. Je m'oxygène de lumière. Bonjour à toutes les flammes.

-Kirjava-

Photographie "Ladies in Red" de Lilya Corneli

Publié par kirjava

Mercredi 20 février 2008 à 16:56

Moi je prends la caravane, et je te suis, et je viens.
Et si la neige couvre nos os, et qu'un jour les poussières te feront disparaître au vent, moi je serai en caravane. Je serai partie aussi loin que nos souffles vivront.
Tes cigarettes complètent mes envies, lorsqu'au volant tu les fumes. Ton sang qui palpite dans ton coeur, lorsque j'y pose ma tête.
Je veux bien jouer la femme si tu bombes le torse.
Je veux bien jouer fragile si tu plonges ton regard.
J'aimerai être les bouteilles qui s'écoulent en toi lorsqu'on s'enfuit, bohèmes, détruits.
Oui d'accord de vivre avec toi ces escapades de pauvres cons.
Bien trop perdus, bien trop retrouvés comme nos deux corps, nos peaux dorées.
C'est le soleil qui nous guide, c'est le soleil qui nous nie.
Et nous partons chaque matin.
Les matins... Ô la neige de février de tes yeux bleus  vide ta vue.
Les matins... la gueule de bois.
Dans les prés, on s'en ira danser.
Compagnons de dérive, ce sont les âmes en bateau. Si pour les nuits l'un contre l'autre on claque, on baise, on croit encore, aux paroles échangées et aux baisers dans l'herbe verte.
Les matins, t'as vu nos gueules de jeunes sur le trottoir.
Le trottoir du Monde, c'est notre Eden des débauches.
C'est le champs de blés, toutes les cultures tant espérées.
Maintenant dis moi, belle blonde que je suis, as-tu aimé déposé l'odeur de tabac sur ma peau fraîche en plus de quelques baisers?
Dis-moi pourquoi le chemin de la caravane ne s'arrête pas même sans toi.
Lalalala.... lalalala.
Moi je prends la caravane, je te suis, oui je viens.
Les départs de furies que nous sommes font trembler les prairies de paix.
On roule toujours plus loin. Et pays Liberté, il est où?
Et Libre Contrée elle est où? Toujours plus loin.
Et ça va prendre combien d'année pour nous pauvres cons qui brillent comme des étoiles et se glacent dans le froid?
Toujours plus long, toujours trop loin, toujours à fond, toujours sans frein.
Je vais dans cette caravane réchauffer ma peau. Lalalala.
Réchauffer ma peau. Lalala lala.
Trop chauffer mes os. Il fait trop froid.
Et on rit au coucher de soleil pendant que tu fredonnes la chanson... Lalalalala. Guitares et chopes ou clopes.
Pendant qu'tu fredonnes la chanson... lalala...
On a échappé aux démons, et j't'appelle mon ange, toi mon compagnon.
La caravae prend route vers le temps, t'as plus vingt ans. On est toujours des enfants. T'as plus vingt ans. On est toujours des enfants nés dans cette caravane.
Demain on aura quinze ans.
On est toujours des enfants...

Le mardi 12 février 2008.

Publié par kirjava

Mardi 19 février 2008 à 19:37

Je sais plus trop pourquoi. Mais je sais que c'est cette musique qu'il me faut. Des ballades d'enfant égaré, de filles ingénues sur lesquelles le jeune adolescent se blesse, les anges ne veulent pas grandir.
Je n'ai rien d'autre à livrer que ces chansons auxquelles je me bute dès que je peux, rentrant de l'école, n'attendant que l'écoute pour me laisser aller.

Des caravanes j'en ai écris, elles sont parties si loin, que lorsque je les retrouve l'ivresse des premiers jets ne sont qu'un parfum enfoui dans la mémoire. J'arrête là, déjà les phrases, belles ou pas, m'enlisent comme si j'étais du papier mâché.

Des paroles de chansons, encore. Ce que j'écris reste dans un bloc de feuilles, entre les quelques esquisses à l'eau et à l'encre sur le même papier.

Il vit très bien sans elle
la ville n'a pas changé
le matin il descend
comme on donne à manger
à un petit enfant
son ventre se rappelle

Puis il ouvre un journal
sans le vouloir vraiment
tout ça lui est égal
un morceau de métal
dans sa gorge est planté
mais il semble vivant
peut-être a-t-il rêvé

Comme dans un songe on croit trouver de l'or
au matin au réveil
c'est un peu de soleil
fondu au matin

Il vit très bien ainsi
comme dans un flocon
qu'importe le flacon
pourvu qu'il ait l'ivresse
alors il se redresse
peut-être a-t-il rêvé

Comme dans un songe on croit trouver de l'or
au matin la tendresse
c'est un corps dans les draps
qui dort au matin

Il sait qu'elle reviendra
la chambre n'est pas faite
comme quand elle était là
brûlure de cigarette
sur le meuble de bois
peut-être a-t-il rêvé

Comme quand on croit que tout peut arriver
au matin au réveil
c'est un peu de soleil fondu
au matin au réveil


Raphaël. [écoutez-le.]



Publié par kirjava

Mardi 12 février 2008 à 19:42

Tant de colère
Pour pas grand chose
Soupçons d'hier
Paupières closes
Rester ainsi
Tu l'oses

On ferait couler trop de plumes
Sur nos matins d'encre
Laisser tomber l'écume
Dans ce silence
On pourrait se taire et s'entendre

Plus de prières
Trop de rancunes
Un cœur ou l'on voit a travers
Une issue pour chacune
De nos nuits

On ferait couler trop de plumes
Sur nos matins d'encre
Laisser tomber l'écume
Dans ce silence
On pourrait se taire et s'entendre

Se tendre silence
Silence
Ce silence est si tendre

On ferait couler trop de plumes
Sur nos matins d'encre
Laisser tomber l'écume
Dans ce silence
On pourrait se taire et s'entendre
Les rêves en sommeil
Pour des matins qui dansent
Faire la belle
-Dolly-
[clic]

Image : Poupée de Chair

Publié par kirjava

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