
Onzeh30. Je ferme les yeux, je me plonge dans le noir. C'est parallèle au néant, à rien. C'est le repos, le visage vide de Morphée, de la paix. Tout cela pour dilater mes pupilles d'un soleil qui coulera sur ma langue, dans mon gosier, dans mon corps tout entier.
Je m'évade à la fenêtre, je sens la brise sur ma peau.
Je prends mon être par les cheveux et je le pend aux cieux.
Je regarde tout le monde, je balaye la lassitude.
Tout est neuf. La nouveauté du bout des doigts éclate.
Tous les coups, l'on me frappe et je ris à gorge déployée.
J'entre dans ce nouveau monde.
Je rencontre. Je me réjouis.
De tout.
Bientôt midi, affalée sur les mots qui ne renoncent jamais à courir dans la page vierge, forêt à carreaux.
Espace d'air. J'y entre, j'y sors. Espace enfer. Je le brise, m'en défoule. M'en "défolle". Me rend dingue.
Attraper le feu, brûler son visage, des cendres des yeux sur les bateaux. Ils sont sur le fleuve, avancent dans l'eau. Serait-ce donc des larmes d'essences et d'explosion?
Perche les éclats de dents ...dedans nos âmes. C'est que je souris. Je suis lumineuse. Eclairs dans mes yeux. Tous ces meurtres de vies.
Et le temps passe. L'air et l'espace s'assemblent. Je m'oxygène de lumière. Bonjour à toutes les flammes.
-Kirjava-
Photographie "Ladies in Red" de Lilya Corneli


