Mercredi 29 août 2007 à 13:19



Son corps est étendu sur le sol d'Espagne. Les rêves d'un homme se sont évanouis. Crispé, il voit son mal. Il y songe. Se torture. Les amants qui devaient courir dans le sable ne sont qu'une image d'un avenir rayé. Puisqu'elle morte. Parce qu'il l'a tuée.

Il est laid quand il pleure.


Le vent du soir traversait, pressé, le néon. Il s'emparait de lui, mordait sa nuque, le brusquait. Le néon résistait. Il illuminait obstinément. Il refusait de se soumettre. Mais le matin, la fatigue l'accablait et malgré tout, le vent venait lui asséner des coups de poings.

La nuit, c'était un peu différent. Les fantômes ressurgissaient, envolés par le vent, dévorés par la lumière du néon comme des petits moustiques et autres bêtes venant se brûler à l'ampoule. L'odeur de mort se répandait.
Il faut dire qu'elle est tombée avec violence. Avec sa violence. Elle l'a emporté comme le dernier geste de leur amour. Et elle n'en voulait plus. De cet amour trop violent.

Depuis une demi-heure, elle s'était éteinte dans le mépris. Elle l'a mal pris, d'ailleurs. Elle qui l'aimait si fort, avant. Mais le mépris, marée salée, montait en elle. Une montée qui descendait vers le cou, la poitrine, le ventre - s'y concentrait fortement-, les hanches, les cuisses, les jambes, les pieds... enfin! Elle voulait craché sur leur amour. "Tais-toi imbécile! Mais hématômes ne font que t'exciter, brute. Si tu crois que je vais rester là longtemps? C'est fou comme l'homme est vulnérable, faible dans son ardeur de rage. Tout ce que j'épprouvais pour toi s'évanouis. J'ai en face de moi un chien blessé par la vie qui mord tout ceux qui l'entourent pour avoir la piqûre. C'est bien bas. Si bas. Continuer à m'insulter comme ça. Tu aimes voir la haine qui transpirer, qui s'émane de moi? L'odeur de ma peur. Petit con qui ne se contrôle plus, vas-tu vite me frapper, qu'on en parle plus? J'attend tu sais? Je partirai après. J'aurai la satisfaction de mon abscence, et de mon silence."Ainsi pensait-elle.  Une demi-heure avant sa mort.

Oubliant la lumière aveuglante qu'elle échappait, sa lutte contre le vent qui la mordait, les blessures qu'elle infligeait à ses prétendants. Oh oui, elle n'avait comme soucis que le vent qui la faisait cadencer, balancer entre ses morsures et ses mots d'amour. Mais le vent est fort. D'un souffle, le néon s'écrase sur sa tête.

27 août 2007.
Kirjava.
(Photo'z et texte.)

Publié par kirjava

Samedi 11 août 2007 à 13:17

"Karisma..."
Le mot rayonnait à l'intérieur de son corps, comme s'il s'était écrit aussi en elle, et qu'il l'attendait. Lullaby s'asseyait sur le sol de la véranda, le dos appuyé contre la dernière colonne de droite, et elle regardait la mer.
Le soleil brûlait son visage.  Les rayons de lumière sortaient d'elle, par ses doigts, par ses yeux, sa bouche, ses cheveux, ils rejoignaient les éclats de rochers et de la mer.
Il y avait le silence, surtout, un silence si grand et si fort que Lullaby avait l'impression qu'elle allait mourir. Très vite, la vie se retirait d'elle et partait,  s'en allait dans le ciel et dans la mer. C'était difficile à comprendre, mais Lullaby était certaine que c'était comme cela, la mort. Son corps restait  où il était, dans la position assise,  le dos appuyé contre la colonne blanche, tout envellopé de chaleur et de lumière. Mais les mouvements s'en allaient, se dissolvaient devant elle. Elle ne pouvait pas les retenir. Elle sentait tout ce qui la quittait, s'éloignait d'elle à grande vitesse comme des vols d'étourneaux, comme des trombes de poussières....


JMG Le Clézio - Lullaby.

Pix Ewa Brzozowska




Publié par kirjava

Vendredi 10 août 2007 à 18:17

Comme toi les seins d'Aurora attirent mes yeux par automatisme et ma gorge se serre quelques secondes. Comme toi, j'observe les filles comme de la marchandise potentielle et les imagine sur mon corps.
Je m'effondre en secret, je n'affiche pas ma peine sauf pour blesser. Comme toi. Je veux t'imiter, et tu sais, j'y parviens. Il me manque juste quelque chose pour finaliser mon plaisir. Mais je remplace. Tu fais pourtant comme moi.
Comme toi Aurora est dans ma peau, elle est distante et je voudrais passer ma main sur ton membre lorsque je vois le visage de cette aurore. Prendre son corps frêle et le chérir comme elle  aimerait que tu le fasses. Susurrer à son oreille ce qui la fait défaillir. Faillir sur mes promesses, comme toi. Car cette douleur d'homme est en moi. Du sang masculin qui passe dans mon cœur de fille. Aurora qui t'aime, comme moi. Pourtant si, comme toi, elle mord mon cou et me tire les cheveux, je ne pleurerai pas pour cette chienne. Et lorsqu'elle me dira adieu, que tu me fermeras la porte, tout ce que je voulais acquérir de toi le sera. Et je serai toi.
Je serai aussi vivant que vivante et mes lèvres pourront assassiner de bonheur, mon corps pourra briser ceux de toutes tes femmes.
Tes chemises seront miennes et les cigarettes que tu fumais pendant ta nervosité m'appartiendront. Tu fermeras les yeux lorsque je fumerai ça devant toi. Comme moi. Je serai nue mais tu te sentiras dénudé et soumis.
Je ne serai plus celle mais celui qui embrase l'univers d'une flamme tout l'alcool et le shit, tous les corps et les esprits.
Je serai toi.
-Kirjava-
10 août 2007


pix by Ellen von Unwerth


Publié par kirjava

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