
Son corps est étendu sur le sol d'Espagne. Les rêves d'un homme se sont évanouis. Crispé, il voit son mal. Il y songe. Se torture. Les amants qui devaient courir dans le sable ne sont qu'une image d'un avenir rayé. Puisqu'elle morte. Parce qu'il l'a tuée.
Il est laid quand il pleure.
Le vent du soir traversait, pressé, le néon. Il s'emparait de lui, mordait sa nuque, le brusquait. Le néon résistait. Il illuminait obstinément. Il refusait de se soumettre. Mais le matin, la fatigue l'accablait et malgré tout, le vent venait lui asséner des coups de poings.
La nuit, c'était un peu différent. Les fantômes ressurgissaient, envolés par le vent, dévorés par la lumière du néon comme des petits moustiques et autres bêtes venant se brûler à l'ampoule. L'odeur de mort se répandait.
Il faut dire qu'elle est tombée avec violence. Avec sa violence. Elle l'a emporté comme le dernier geste de leur amour. Et elle n'en voulait plus. De cet amour trop violent.
Depuis une demi-heure, elle s'était éteinte dans le mépris. Elle l'a mal pris, d'ailleurs. Elle qui l'aimait si fort, avant. Mais le mépris, marée salée, montait en elle. Une montée qui descendait vers le cou, la poitrine, le ventre - s'y concentrait fortement-, les hanches, les cuisses, les jambes, les pieds... enfin! Elle voulait craché sur leur amour. "Tais-toi imbécile! Mais hématômes ne font que t'exciter, brute. Si tu crois que je vais rester là longtemps? C'est fou comme l'homme est vulnérable, faible dans son ardeur de rage. Tout ce que j'épprouvais pour toi s'évanouis. J'ai en face de moi un chien blessé par la vie qui mord tout ceux qui l'entourent pour avoir la piqûre. C'est bien bas. Si bas. Continuer à m'insulter comme ça. Tu aimes voir la haine qui transpirer, qui s'émane de moi? L'odeur de ma peur. Petit con qui ne se contrôle plus, vas-tu vite me frapper, qu'on en parle plus? J'attend tu sais? Je partirai après. J'aurai la satisfaction de mon abscence, et de mon silence."Ainsi pensait-elle. Une demi-heure avant sa mort.
Oubliant la lumière aveuglante qu'elle échappait, sa lutte contre le vent qui la mordait, les blessures qu'elle infligeait à ses prétendants. Oh oui, elle n'avait comme soucis que le vent qui la faisait cadencer, balancer entre ses morsures et ses mots d'amour. Mais le vent est fort. D'un souffle, le néon s'écrase sur sa tête.
27 août 2007.
Kirjava.
(Photo'z et texte.)


