La pluie
explose dans la laideur du quartier, sans cesse, il faudrait crier.
La pluie est froide comme tes ongles sous ma peau, et là, oui, je ne peux que
crier.
Je n'ai même pas envie de pleurer.
Même pas envie d'aimer.
D'être embrassée.
Embrassé.
Me perdre sous la pluie, me perdre dans les feuilles vertes.
Pourquoi, au loin le ciel est-il si clair ?
Et pourquoi ma main s'égare sur ce papier bleu ?
Pourquoi n'appeler personne ?
To be, to be alone.
Ne plus avoir froid. Jamais avoir froid.
Et j'ai même très envie de pleurer, de saigner.
Envie de t'aimer.
D'embrasser.
De t'embrasser.
D'être embrasée.
Et que les flammes de la pluie m'avalent, m'avalent, m'avalent, m'avalent.
Pour crier.
Encore et encore. Exploser. Encore et encore.
Pluie. Pluie. Pluie. Je veux crier.
Mon ciel léger fuit ailleurs.
Un oiseau passe sous la pluie.
-Kirjava-
Image : My First Suicide By Marti
Mercredi 11 juillet 2007 à 16:18
Publié par kirjava
Samedi 7 juillet 2007 à 18:34
Ô Agathe
Le papier blanc, épais, pur, elle le préférait. Dans sa chambre colorée et sombre, il semblait magique par la lumière qu'il dégageait, conquérant son coeur, illuminant de se blancheur. L'effet unique qui la remplissait de candidité augmentait comme la musique qu'elle avait laissée se ballader, courir, rouler et s'étendre dans la pièce. La chaleur devenait intense tout comme l'ambiance.
C'était comme si de la neige s'amoncelait dans la pièce et la remplissait à ras-bord, que ce noyau glacé était devenu ce qui faisait suer l'étuve. Agathe, presque inconsciemment, se dévêtit. Son pinceau entra dans la bouteille d'encre de Chine. Ce liquide noir pénétrant entre les poils de l'outil la fasinait. Elle s'imaginait faire couleur l'eau noire le long de son cou, descendant par le creu que formait sa poitrine. Se baigner dans cette obscurité, comme dans la nuit quand on rêve de faire remuer les étoiles avec son doigt, comme on le ferait avec du thé à la canelle ( cette canelle si forte qui passe en vapeur dans la gorge). D'un geste précis, elle retire le pinceau qui, comme une danse, choit sur le papier: Ultime tache, ravissante, simple. Tout le corps d'Agathe en frémit. Les images que lui invoquent la musique sont puissantes et dégagent l'odeur salée de la mer qu'on imagine ramper en humidifiant le sable et en emportant quelques coquillages. Agathe continue ses rayures. Elle enchaîne sur l'anacrouse du refrain des courbes fines ou épaisses aors que les double-croches se bousculent en suppliant qu'on ne les oublie pas. La chevelure d'une driade s'est dessinée sur le papier vierge ainsi que quelques lignes laissant croire à un vent marin qui embaume les cheveux d'encre.
Agathe pose l'instrument et ferme les yeux. Elle frissonne car la chaleur qui semblait l'avoir cocoonisée s'était évanouie. Elle respire avec lenteur. Elle écoute son souffle. L'orage tonne. Expiration. Les éclairs lui font des clins d'oeils. Inspiration qui s'envola dans la chambre comme une bulle de savon et flotta. Les pensées d'Agathe virevoltaient. Le doux visage de son père se colla contre son visage et s'imprégna de tout ce qui lui était semblable: des mouchoirs en papier doux au touché, quelques foulards de soies, le parfum fleuri d sa mère...Marlène.
"La vie avait succombé à la mort lorsque Marlène décéda." disait son père. "Comme si ses nombreux charmes l'avaient rappelées à la poussière."
Agathe joua un peu avec son pinceau et entendit le vent lui gronder:"Encre!Encre!" Ce qu'elle fit; des yeux en amande, vides. Deux, trois gribouillages et l'expression de la jeune femme tendait au désir de Liberté. les lèvres en voile de pétales de roses fanées apparurent, levées au ciel, cherchant peut-être le sein de la Mère ou la pluie de l'orage qui s'abatait contre les vitres.
Quelques glyphes pour signifier l'ombre. Le blanc ingénu du papier signifiait avec contraste la lumière. Agathe se promit qu'elle n'essayerait jamais d'inventer sur ses toiles une autre lumière que l'immaculée feuille qui représentait une jeune femme.
Agathe signa. Agathe, calligraphie impeccable. Ele était repue de son art. Elle se coucha sur son lit, ferma les paupières...et s'endormit.
-Kirjava-
7 février 2007
Dessin par Zaknafein d'O Urden ( Silberius )

Publié par kirjava
Jeudi 5 juillet 2007 à 10:45
Ce jour où mon coeur se mit à saigner comme le lapin de garenne
Qu'il vous fallut un jour égorger pour sacrifier à la haine.
Non nous ne vivions pas un rêve.
Que si Belzebuth habite mes reins, je peux dire adieu à Perce-Neige
Peine perdue pour aimer mon prochain, je ne suis plus que congère
Mon âme triste s'étire au loin comme s'étire au loin la jachère.
[Jean-Louis Murat -Extraits de Perce-Neige]

Cashback(clique!)
Court métrage sur un jeune homme travaillant dans un supermarché, endroit laid, commun, mort d'intérêts.
Mais la beauté existe, même dans cet affreux endroit...où le temps s'arrête.
Qu'il vous fallut un jour égorger pour sacrifier à la haine.
Non nous ne vivions pas un rêve.
Que si Belzebuth habite mes reins, je peux dire adieu à Perce-Neige
Peine perdue pour aimer mon prochain, je ne suis plus que congère
Mon âme triste s'étire au loin comme s'étire au loin la jachère.
[Jean-Louis Murat -Extraits de Perce-Neige]

Cashback(clique!)
Court métrage sur un jeune homme travaillant dans un supermarché, endroit laid, commun, mort d'intérêts.
Mais la beauté existe, même dans cet affreux endroit...où le temps s'arrête.
Publié par kirjava
Mercredi 4 juillet 2007 à 13:30
Nuits Mythiques.
Les berceuses de mon enfance, chaque soir
Invoquaient avec puissance les lourds désirs:
La blanche candeur livrée à la Cruauté
Et autres splendeurs; de l'impie au sacré.
L'Arrogance avec le Mal pouvait bien séduire
Avec son amie Eloquence les trois Moires.
Mes rêves allaient vers Clotho, jeune et ingénue,
Offrant son cou aux crocs venimeux de l'Envie.
Lachésis en couleur pour tout être vivant
De la mortelle pâleur d'Atropos chutant.
Parques à mes mots, Parques si plaisants sosies.
Je vois le halo, feu sur les corps de ces nues.
C'est que sous les baisers de la tendre Vénus,
Aphrodite a créé des ronds seins qu'elle suce
Ce placard de Sixtes: oh les putains antiques!
Ce foutoir de Sixtes, corps décharnés, étiques,
Qui retirent ou donnent le plus beau soupir,
Intensément résonne du plus grand des plaisirs.
Kirjava 3 juillet 2007.
Peinture de Modigliani
Les berceuses de mon enfance, chaque soir
Invoquaient avec puissance les lourds désirs:
La blanche candeur livrée à la Cruauté
Et autres splendeurs; de l'impie au sacré.
L'Arrogance avec le Mal pouvait bien séduire
Avec son amie Eloquence les trois Moires.
Mes rêves allaient vers Clotho, jeune et ingénue,
Offrant son cou aux crocs venimeux de l'Envie.
Lachésis en couleur pour tout être vivant
De la mortelle pâleur d'Atropos chutant.
Parques à mes mots, Parques si plaisants sosies.
Je vois le halo, feu sur les corps de ces nues.
C'est que sous les baisers de la tendre Vénus,
Aphrodite a créé des ronds seins qu'elle suce
Ce placard de Sixtes: oh les putains antiques!
Ce foutoir de Sixtes, corps décharnés, étiques,
Qui retirent ou donnent le plus beau soupir,
Intensément résonne du plus grand des plaisirs.
Kirjava 3 juillet 2007.
Peinture de Modigliani

Publié par kirjava
Mardi 3 juillet 2007 à 17:46

-Il faut que tu t'acceptes.
Etrange, elle avait compris avant que je ressente. Avant qu'il en soit vraiment question.
Aujourd'hui, je ne pleure pas. Victoire, jouissance. Le monstre écrase la sensibilité sous une figure et des pensées méprisantes, hautaines, dures, douloureuses. Le visage de la haine. L'amour douloureux. Je le sais.
Faiblesse. Force. Supériorité détestable, justesse des propos.
C'est absoulment haïssable, antipathique. Mais c'est l'habit et j'ai laissé mes jambes et mes bras nus. Je ne me cache pas; j'affiche de façon complète une partie de mon être. C'est bien, cette conscience affiche une autre: certes, je fléchis, perd l'équilibre, ai peur de la chute mais je ne tombe pas, aujourd'hui.
Ce qu'il faut rétablir, ce n'est pas mon équilibre mais ce qui le perturbe. Mais j'en suis arrivée à un point où je fais la kamikaze, l'attentat suicide; je tue les autres et moi-même. Inconsciemment au moment des faits, bien sûr. Et ce qui pousse le kamikaze, c'est la haine. Martyr coupable. Avant d'être coupable, il était martyr. L'ordre des mots est loin d'être anodin. On l'a donc martyrisé. On me meurtrit. Ceux que j'aime me meurtrissent. Je les hais.
Le problème n'a pas ses origines chez moi.
Ce n'est pas moi qui ai fait des gosses, qui ai un copain et ai quitté après quinze années d'union commune le père des enfants que j'ai conçu. Avec lui. Ma mère a créer le problème. Ce n'est pas un problème universel, il n'a pas de nom, mais c'est la conséquence psychologique sur les mebres touchés de la famille. C'est une douleur.
Des comportements injustes, de la bêtise. Ils ont tous trois un comportement qui me déplais, trou noir qui s'agrandit. Ils voudraient que j'accepte la douleur pour oublier la leur, affirmant que j'oublierai la mienne. Si c'était le cas, cela voudrait dire que je suis la cause de leur changement d'attitude. Ce qui est faux. Ainsi, cela se traduit par: Va voir un psy pour fermer ta gueule chez nous. On me trouve trop égoïste et il m'arrive de le croire. Mentalité humaine. C'était il y a deux siècles cette culpabilité chrétienne que j'éprouve parfois.
Eux, les non-croyants. Mais c'est très humain. Très imparfait. Après réflexion, je suis celle qui souffre le plus. Celle qui doit encaîsser sans relâche.
Alors, je les hais.
Et cette haine me fait jouir lorsqu'elle démontre avec flagrance qu'elle est justifiée. Placide et violente.
Culpabilité chrétienne qui se débat pour que je ne la lâche pas. Souffrance.
D'après les évangiles, Jésus a dit:
"Aime ton prochaime comme toi tu aimes toi-même."
Je les hais. Je les aimes.
Je les hais.
La morale de sa phrase est d'apprendre à s'aimer.
C'est un amour malheureux. C'est de la haine. Mais ça, ce ne fut pas un apprentissage. C'est personnel, inné, enfoui et ça s'est développé. Peut-être que le destin existe.
Soyons chrétiens à fond. Je désire, effectivement, apprendre à m'aimer pour aimer mon prochain. M'accepter pour les accepter. Mais deux des trois étant mes géniteurs... Je ne saurai m'accepter sans les accepter, or pour les accepter, il faut m'accepter.
Les mathématiques ne m'aideront pas. C'est encore un énoncé foireux et qui plus est de fondement chrétien.
Seule, c'est insoluble. Je demanderai conseil.
-Kirjava-
Photo'z : John F Cooper
Publié par kirjava
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