J'admire les funambules
Qui tiennent en équilibre sur un fil
Mais je ne suis qu'une noctambule qui déambule dans la ville.
Toute la fumée illicite que j'annihile
Eclate au cerveau comme des bulles.
C'est avec un jeu subtil
Que je cache mes rêves de dentelle et de tulle.
J'admire les funambules
Dont la vie ne tient qu'à un fil,
Et je crache sur moi-même incrédule
Par ma vie inutile.
Des hectares de miettes d'espoirs:
Les vieux fossiles
Qui enterrent mon départ.
Oui chaque matin je décède
Et me sculpte devant le miroir.
C'est une coquille vide et laide
Que j'offre à tous les regards.
Terne, cernée, maigre corps usé.
Elena a bien changé.
Les vers chaque jour viennent dévorer
Mon cerveau déjà cramé.
Je sors en boîte toute explosée,
Cela fait du bien de danser.
De mon âme je suis libérée,
Sur le trottoir je l'ai oubliée.
Elle est enfermée dans une boîte d'opaline
D'où émanent les effluves d'un parfum de chine.
Avec elle la rose et les épines,
L'école, la famille, les extrémistes et Staline,
Les amis, les connards, la javel, l'écoline,
Le danger les affamés la joie de vivre et ta belle pine.
J’ai passé toute ma vie oppressée par ses mots
Constamment matérialisés en plaies et maux.
Ni sexe, ni art, je suis juste comme il faut.
Plus je pleure, plus je crie, plus j’ai chaud.
Si je saigne par la bouche pour t’avoir trop sucé
C’est que déjà pieds nus je coure vers l’été
Les yeux brillants et joues roses je m’en vais
Quatre heures du mat, le réverbère éclaire mes cheveux défaits.
Ma bouche indécente à l’aube me plaît.
Rues obscures de Tokyo et belles plages de galets.
Du pire au mieux,
Je retourne à mes rêves
Mes plus beaux adieux…
C’est ça où je crève.
Du pire au mieux je suis dans un sombre paysage
Du pire au mieux dans les eaux troubles je nage
Du pire au mieux je marche sur un fil
Du pire au mieux je me sens si fragile.
Du pire au mieux je serai l’aigle royal
Du pire au mieux je monte le pied d’éstal
Du pire au mieux mon sourire est mon poing
Du pire au mieux tout me semble aérien.
Kirjava




